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Règle numéro un lorsqu’on doit faire la critique du remake (à succès) d’un film (à succès également) : ne jamais voir le film original avant. Jamais !

J’ai donc suivi cette règle à la lettre (et ce fut difficile, croyez-moi !), et c’est avec un esprit vierge et innocent que j’ai pu aborder le visionnage de Laisse-moi entrer, remake américain de Morse. Cela me permettra également de vous proposer, dans un prochain article, un comparatif après coup. Mais revenons à nos moutons.

Laisse-moi entrer donc. Owen, jeune préado solitaire et introverti, se lie d’amitié avec sa nouvelle voisine Abby, préado elle aussi, également solitaire et introvertie.

Jusqu’ici, tout va bien. Là où ça se complique, c’est quand la jeune Abby (interprétée par Chloë Moretz, la Hit Girl du film Kick-Ass) qui ne sort que le soir et vit cloitrée révèle à Owen sa vraie nature. Et là, c’est le drame. Si on doutait depuis le début d’être réellement dans un film d’horreur (on en a déjà vu des pseudos slashers qui se révèlent être au final des thrillers gentillets), les premières scènes chocs du film ne laissent plus aucun doute : on est bien dans du gore, et du très bon !

Attention, il y a gore et gore : ici pas de surenchère d’hémoglobine, pas de jeunes gens partis en forêt qui se réfugient dans une cabane construite sur un ancien cimetière indien et décident contre toute logique de se séparer par groupe de deux histoire de se faire décimer plus aisement par la créature tapie dans l’ombre. Fort heureusement, il ne s’agit pas de ce genre de gore là.

Une des forces du film est justement de ne pas se focaliser uniquement sur les codes propres au film d’horreur et de développer la psychologie des deux personnages principaux. Le fait qu’ils soient tous deux en marge accentue encore l’incommunicabilité dans laquelle ils évoluent vis à vis des autres. La conséquence de cet état est l’accentuation de l’enfermement d’Owen, qui ne peux pas confier ses secrets à quelqu’un. Son attirance pour Abby va peu à peu le rendre complice des actes de la jeune fille et l’entrainer jusqu’à atteindre un point de non retour.

Dans le n°234/octobre 2010 de Mad Movies (excellente revue cinématographique que je vous recommande chaudement – cela dit ça fait plus de 20 ans que je recommande chaudement cette revue et personne ne m’écoute, bande d’ingrats !), le réalisateur Matt Reeves avoue s’être autant inspiré du roman original que de Morse (l’auteur du roman John Ajvide Lindqvist étant également scénariste de Morse).

Reeves se place toujours du point de vue des enfants (à l’instar de Kubrick dans The Shining), et réussit à nous communiquer leur mal être et la violence de leurs sentiments vis à vis des autres. Essentiellement dominé par des scènes de nuit, ou l’obscurité et la neige (et le sang aussi parfois) prédominent, le film est superbement éclairé.

Edité par Metropolitan, le DVD et le Blu-ray seront disponibles en France le 8 février 2011. Comme toujours chez l’éditeur, le film est accompagné de nombreux bonus (featurettes, interview du réalisateur, commentaires audio, scènes coupées, analyse de la scène de l’accident de voiture).

Encore une fois, je ne peux pas comparer Laisse-moi entrer à l’original, mais en soi, le film est une réussite indéniable. Mention spéciale à la direction d’acteurs (le talent de la jeune Chloe Moretz n’est déjà plus à démontrer. Face à elle, Kodi Smit-McPhee assure. Quand à Elias Koteas, on ne le présente plus depuis qu’il a été officialisé chéri de ces geeks par le Dr No dans le numéro 5 du podcast Tonight on Mars).

Et en plus, vous savez quoi ? Je suis fier de moi, j’ai réussi à assurer un article entier sur le sujet sans écrire une seule fois le mot vampire. Si le genre suceurs de sang vous plait, allez donc jeter un oeil sur la liste de films proposée par Cinetrafic.

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3 thoughts on “Laisse-moi entrer

    • Morse est là, pas loin de moi, à portée de main. Maintenant que j’ai terminé Laisse-moi entrer, je compte bien voir l’original. Et peut être me laisser tenter par le roman, également.

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