Trivia

Spielberg
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Les maisons de campagne ont cette particularité de receler au fond d’une malle ou d’un placard les souvenirs les mieux enfouis de notre enfance.

Heureux hasard, j’adore ouvrir malles et placards à la recherche de ce genre de souvenirs. C’est donc avec une émotion, contenue certes, mais non moins intense que j’ai exhumé la semaine dernière un vieux numéro de Studio Magazine (n°35, ça nous rajeunit pas, tout ça).

Passons sur le fait que Marc Esposito, alors rédac’ chef, y fustige le brillant Crimes et Délits de Woody Allen alors que, quelques pages plus loin, Denis Parent dit le plus grand bien de Always (un Spielberg pourtant en petite forme dans sa période « navion ») . On croit rêver ! Oui, passons sur ces détails insignifiants et précipitons-nous vers la rubrique de ceux qui, sous le pseudonyme de Bidibi et Banban, enchantaient mes lectures cinématographiques d’alors, j’ai nomme messieurs Alain Chabat et Dominique Farrugia.

Curieusement, alors que nos deux Nuls avaient carte blanche dans Studio Mag, à la même époque, leur confrère et ami Antoine de Caunes animait une rubrique concurrente dans Première (la presse ciné etait déjà en guerre. Aujourd’hui, elle compte ses morts).

Bref, dans ce fameux numéro 35, Chabat et Farrugia nous donnaient la définition du mot « Trivia ». Et donner la définition du trivia (au sens cinéphile du terme) en 1990, c’est un peu comme donner la définition d’un geek aujourd’hui. Pas facile à expliquer plus aisé à illustrer. Illustrons-donc !

Dans un film, le trivia est le détail que personne ne remarque. Tout le monde a vu les Blues Brothers (comment ça, pas tout le monde ?) de John Landis (le pape du trivia) mais qui parmi vous a remarqué qu’à la fin du film l’employé de bureau est joué par Steven Spielberg ?

Toujours chez John Landis, on peut retrouver Frank Oz, marionnettiste de l’équipe de Jim Henson et connu des geeks du monde entier pour avoir incarné (en voix et en marionnette) Yoda. En particulier, Dans Un fauteuil pour deux et dans The Blues Brothers, il est l’agent de police faisant l’inventaire des effets personnels de Dan Aykroyd (à son entrée en prison dans le premier film) et de John Belushi (à sa sortie de prison dans le second).

Comme vous pouvez le constater, dans le dico du cinéma, le mot Trivia n’est jamais très loin du mot Caméo (bien mal fichu, ce dico qui fout la lettre « T » pas loin du « C » !). Il avoisine même parfois le mot Spoiler, ce qui expliquerait le caractère secret « pour initiés uniquement » du trivia.

Et le trivia, c’est comme le Nutella, la première cuillère est fatale. Après, on ne peut plus s’arrêter. On peut passer d’un trivia à un autre comme un enfant égrène une comptine : Marabout, Bout de ficelle, etc.

Steven Spielberg adore apparaître dans les films qu’il produit. On le voit en inventeur d’une curieuse machine à roulettes dans Gremlins de Joe Dante (autre adepte du trivia). Il prête ses mains (mais pas son visage !) dans la fameuse scène de la tête en décomposition devant le miroir dans Poltergeist.

Juste retour des choses, dans Super 8, J.J. Abrams s’est amusé à poster un employé à la balise M38, pilone électrique mentionné également dans le scénario de  Rencontre du Troisième type (mais pas dans le film !).

Les « I’ll be back » et autres « Asta la vista, baby » d’Arnold Schwartzenegger, mais qui connait les « see you next wednesday » dont John Landis truffe ses films (vérifiez, la phrase est également prononcée dans le clip Thriller) ?

Dans Pulp Fiction, le code permettant d’ouvrir la malette est 666, le chiffre diabolique. Le contenu n’est jamais dévoilé comme dans le film de Robert Aldrich En quatrième vitesse.

La plupart des dessins animés produits par les studios Disney sont truffés d’images subliminales représentant la silhouette ou le visage de Mickey. On les appelle des « Hidden Mickeys« , littéralement « Mickeys cachés« . La chasse aux Hidden Mickeys, dans les fims comme dans les parcs Disney, est une activité très prisée des « trivias addicts ».

Dans Monstres et Cie, Bob réserve une table dans un restaurant nommé Harryhaussen, en hommage à Ray Harryhausen, pape des effets spéciaux animés images par images, vénéré par l’équipe des animateurs de Pixar. Dans le même film, la petite Boo possède une peluche de poisson clown. Par la suite, cette peluche deviendra le personnage principal d’un futur Pixar : le monde de Nemo !

Dans Bruce Tout Puissant, lors de la scène des émeutes, Jim Carrey sort du studio et passe devant l’hôtel de ville de Retour vers le Futur. Dans le même film, on retrouve la scène de la voiture refusant de démarrer qui finalement se décide à le faire lorsque le héros lui crie « Démarre ! ». Encore un point commun avec Retour vers le Futur.

Dans le superbe Dead Again, Kenneth Branagh donne la réplique à Robbin Williams. Ce dernier n’est même pas crédité au générique. Dans Les aventures du Baron de Munchausen de Terry Gilliam, le même Robbin Williams joue le rôle du roi de la lune. Il est crédité au générique sous le nom de Rei Di Tutto (autrement dit « le roi de tout », ce qu’il prétend être dans le film).

Et vous pensez que la quête du trivia se termine au début du générique de fin ? Loin de là ! Ceux qui n’ont pas vu la toute fin du générique du film Le Secret de la Pyramide (Young Sherlock Holmes, encore une production Spielberg !) n’auront pas la chance de connaître la véritable identité du professeur Rathe, personnage incarné par Anthony Higgings.

J’arrête là l’inventaire, vous allez finir par aimer ça. Mais rassurez-vous, j’en garde encore sous le pied. Pour plus tard …

Bonjour chez vous !

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Joël

Biberonné aux prods Spielberg et John Hugues. Converti au WoodyAllenisme depuis Play It again, Sam. A usé bien des strapontins dans les années 80. A usé bien des VHS dans les années 90. A usé bien des zapettes dans les années 2000. Attaque l’usage intensif de Blu-Ray depuis peu.

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1 Response

  1. 15 juin 2013

    […] dans tous les films de John Landis depuis Schlock. J’invite les moins assidus à aller lire ce que je me tue à poster sur ce blog, non mais […]

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