Sidewalk Stories

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-Quel plaisir de découvrir, plus de 20 ans après sa sortie en salles, un film que j’avais totalement loupé à l’époque. Et quel film ! Réalisé en 1989 par Charles Lane II, le merveilleux Sidewalk Stories connait une seconde naissance grace au distributeur Carlotta Films et sera visible dans les salles de cinéma dès le 9 octobre 2013 en version restaurée.

L’acteur/réalisateur/producteur/scénariste y interprète un sans-abri new-yorkais qui, pour gagner sa vie, réalise des portraits de passants. Par la force des choses, il va devoir partager sa misérable vie avec une petite fille qu’il recueille après la mort de son père. Ces deux personnages vont devoir survivre à New-York en plein hiver alors que le bâtiment qu’ils squattaient vient d’être démoli.

La comparaison saute aux yeux dès les premières images : on est bien à New-York à la fin des années 80 mais l’image (un noir et blanc superbement éclairé), le son (muet – ou presque ! – le film est illustré par une bande originale transposant les paroles prononcées par les personnages) et le jeu des acteurs (expressifs jusqu’à la caricature) placent d’emblée ce Sidewalk Stories aux côtés du Kid de Charlie Chaplin. Là où The Artist rendait hommage au genre en replaçant l’intrigue dans les années 20, le film de Charles Lane II emprunte les codes narratifs aux films muets de Charlot tout en restant ancré dans un New-York extrêmement moderne. Le burlesque fait souvent place à la violence de la vie quotidienne et l’infinie tendresse de la relation qu’entretiennent les deux protagonistes bascule pour quelques scènes poignantes vers une réflexion sur la condition des sans-abris.

Quasi inconnu du public français, Charles Lane est ici de toutes les images. A l’écran d’un bout à l’autre du film, il trimbale son regard désabusé sur un New-York où les passants croisent des sans-abris sans les entendre. Cette incommunicabilité sera amplifiée jusqu’à exploser dans la scène finale, tournée avec de véritables sans-abris durant une froide nuit d’hiver.

Ne soyez pas rebutés par le fait qu’il s’agisse d’un film muet en noir et blanc. Sans aucune longueur, le film enchaîne les scénettes sans lasser, nous emportant aux côtés du jeune vagabond et de la petite fille dans un univers où l’ombre de Charlot plane sans être pesante.

Sidewalk Stories, réalisé par Charles Lane (II). En salles le 09/10/2013. Distributeur : Carlotta Films

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Joël

Biberonné aux prods Spielberg et John Hugues. Converti au WoodyAllenisme depuis Play It again, Sam. A usé bien des strapontins dans les années 80. A usé bien des VHS dans les années 90. A usé bien des zapettes dans les années 2000. Attaque l’usage intensif de Blu-Ray depuis peu.

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1 Response

  1. hélène dit :

    On aime tous voir à l’aide d’une vidéo notre enfance, ben, pour un film ce sera pareil, ça nous fait ressentir les faits qu’on a vécu à cette époque.

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