Le podcast du mois #8 : L’Aguiche Room

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Après Satoorn, Any Given Film, Podsac, 24FPS, Movies Unchained, Splitscreen et Instant Critique, j’accueille aujourd’hui le duo à la voix pitchée, les cadors du trailer, Arnaud et Philippe, co-animateurs de l’Aguiche Room.

Bonjour à tous les deux. Je suis très honoré de vous recevoir sur le blog. Commençons si vous le voulez bien par les présentations : qui sont donc Arnaud aka « Damouk » et Philippe aka « John Plissken » ?

Arnaud. J’ai 41 ans, je suis réalisateur de dessin animé, série et film bientôt. Je fais aussi de la photo, de l’illustration et encore un peu de podcast donc.

Philippe. J’ai 27 ans (note de la rédaction : hum hum !) et je suis jeune pigiste débutant en presse écrite, en ce moment pour Le Parisien Magazine, GQ, One et Série Mag. Je viens aussi de co-réaliser avec Philippe Roure le documentaire Marvel Renaissance, diffusé sur Canal+ le 7 mars dernier.

Je vous propose une petite séquence nostalgie pour commencer. J’ai entendu parler de vous pour la toute première fois en 2010 en découvrant un épisode estival du podcast S.C.U.D.S., épisode dans lequel l’un d’entre vous violentait un robot en plastique. Mettons de côté le fait que cette expérience soit traumatisante pour le spectateur (je ne parle même pas du générique où vous courez dans un champ sur la musique de La petite maison dans la prairie !) et entrons dans le vif du sujet : comment en vient-on à co-animer un podcast comme celui-ci ?

Arnaud. Longue histoire, De mon côté ça a commencé avec mes retrouvailles avec Philippe 15 ans après notre service militaire, ça existait encore de notre époque, c’est horrible de dire ça.
Philippe m’a présenté Jérome Keinborg, on a tout suite accroché et Jérôme qui avait déjà en tête l’idée de Podcast nous a parlé de Revision3, Totally Rad Show.
On s’est dit qu’on pourrait en faire un clone français à nous trois et zou…. On avait juste envie de retrouver ce coté 3 copains qui discutent sur un canapé dans des débats sans fin.

Philippe. bon sang, j’ai l’impression déjà que ca remonte au siècle dernier tout ça…

Avant d’en arriver au concept de L’Aguiche Room, vous avez l’un et l’autre co-animés bien d’autres podcasts : S.C.U.D.S. pour Arnaud, mais aussi pour John Tonight on Mars (avec le Dr No), sans compter quelques participations chez les copains de L’apéro du Captain Web, L’Agence Tous Geeks, Le Quadratour, voire même un rôle dans le web-feuilleton La Breluche Dorée. Vous ne vous arrêtez donc jamais ?

Arnaud. Perso contrairement à Phlippe j’ai moins de lignes sur mon CV podcast et je m’arrête à l’Aguiche Room pour des raisons d’emploi du temps. S.C.U.D.S. fut une histoire géniale et difficile à la fois, ça nous a rincé aussi.

Philippe. Heu moi j’ai que trois podcasts hein c’est tout ! Le reste en effet, ce ne sont que quelques apparitions ici et là. Je pense vraiment qu’à part l’Aguiche Room qu’on refait une fois de temps en temps pour nous marrer, c’est une aventure qui est derrière nous. Elle fut très intense entre 2008 et 2011, au sein de NoWatch, mais voilà ; la parenthèse enchantée s’est refermée. En revanche, je suis content de savoir que peut être dans 10 ans, certains s’en rappelleront encore.

Fin 2011 arrive donc The Aguiche Room. Le concept est simple : une bande-annonce analysée, décortiquée par vos soins. Un podcast hebdomadaire, court, bourré d’humour mais qui, on le sent, doit demander une énorme préparation, n’est-ce pas ?

Arnaud. J’ai eu cette idée de décortiquer des bandes-annonces de film toujours en regardant d’autres podcasts ciné mais je trouvais qu’on pouvais rajouter une touche perso. On a développé le concept avec Philippe et l’aide de Jérôme à l’époque. Sur la première saison oui, on devait tout gérer nous-même, preprod, prod, postprod, à l’époque à 3 avec l’aide de Christophe faut pas l’oublier aussi. Ça représentait un très gros investissement car émission hebdomadaire. On a réussi à tenir presque 2 ans je crois mais on était rincés là aussi. C’est toujours compliqué de gérer un podcast en plus d’une vie pro et perso.

Philippe. Pas mieux !

En 2012, c’est le drame. Après l’arrêt de S.C.U.D.S., l’arrêt de Tonight On Mars, vous annoncez l’arrêt de L’Aguiche Room qui devenait impossible à gérer en parallèle de vos activités professionnelles respectives. Un tsunami dans le cœur de vos fans de la première heure. Étiez-vous alors conscients de la douleur de votre public ?

Arnaud. Oui on s’est rendu compte à ce moment justement, même si on savait bien que pour certains ça allait être douloureux. Il y a eu plus de réactions que je n’imaginais. Beaucoup nous ont vraiment touchées.

Philippe. en effet ça nous a fait vraiment chaud au cœur.

Et enfin, en fin 2013, c’est le moment tant attendu de la reformation du duo de l’Aguiche Room. Un peu comme si les Beatles n’étaient que deux et surtout vivants ! A la prod (c’est-à-dire dans un coin derrière la caméra), Jérôme Keinborg laisse sa place à Olivier IntheBlix. Y a-t-il aussi eu des changements dans votre organisation, dans votre façon de préparer chaque épisode ?

Arnaud. Olivier aka InTheBlix nous a bien poussés tous les 2 à reprendre, déjà nous n’avons plus un rythme aussi soutenu, et notre bien aimé producteur prend en charge une partie de la préparation, le montage et la post-prod. C’est un gros boulot en moins pour nous 2.
On est beaucoup plus souples sur le rythme, on tient à garder un plaisir de la faire.

Aujourd’hui, vous êtes tellement célèbres qu’un épisode de l’excellent podcast des frères Doucet, “The Broclash”, a été consacré à cette question existentielle : “John Plissken et Damouk ou Kirk et Spock ?”. Comment vivez-vous cette célébrité au quotidien ?

Arnaud. J’ai raté ce podcast moi, je viens de l’écouter y’a même la voix pitchée, c’est bon !

Philippe. les frères Doucet sont de dangereux individus complètement fracassés du ciboulot. Il faut les empêcher de nuire ! (je ne sais pas pourquoi je dis ça je les aime bien en fait, mais je voulais à tout prix caser cette phrase).

J’ai eu l’honneur de recevoir ici même Hervé, Gilles et Olivier (le producteur de l’Aguiche Room, donc). Ils m’ont parlé de leur implication au sein d’un collectif de passionnés regroupés sous la bannière d’un “petit” site curieusement appelé “Daily Mars”. Quel est donc cette société secrète ?

Philippe. le Daily Mars est un site collaboratif cofondé par Hervé, Dominique Montay et moi-même et auquel participent activement Gilles et Olivier. Olivier, qui sous ses dehors de wookie à l’hygiène approximative est en fait un homme bien plus organisé que moi, est même devenu le rédacteur en chef adjoint sur le cinéma et c’est vraiment lui en ce moment qui est à la manoeuvre pour coordonner les dossiers et articles de la “team ciné”, tandis que je me prélasse sur un yacht aux Baléares grâce aux sommes publicitaires astronomiques rapportées par le site. Non sans blague, pour l’instant on ne rapporte pas un rond, mais je pense que le ton du Daily Mars a su fédérer une communauté fidèle et on songe sérieusement à passer une étape supérieure prochainement.

Philippe (si tu me permets, John, de t’appeler Philippe ?), tu es co-réalisateur, avec ton complice, Philippe Roure, d’un documentaire dont on a beaucoup parlé dernièrement, Marvel Renaissance diffusé le mois dernier sur Canal+. Pour vous deux, c’est une consécration après des années de travail ?

Philippe. Oui, on a beaucoup galéré du fait de la non participation de Marvel au documentaire (ce qui était leur droit le plus strict). Mais on ne va pas se plaindre, on a bossé Philippe et moi avec des gens extrêmement compétents chez Empreinte digitale (la société de production), on avait un chef opérateur en or (Vincent Gonon) et ce fut une aventure extraordinaire. L’excellent accueil public et critique fait bien sûr très plaisir et on espère vraiment que le docu aura une vie au dela de Canal.

Suite à la diffusion sur Canal+, la question que tout le monde se pose (et que tout le monde vous a posé d’ailleurs) est “y aura-t-il d’autres diffusions du film, sur d’autres chaînes ou via un circuit de VOD ?”

Philippe. Oh tout le monde comme tu y vas… Remarque Obama m’a envoyé un texto l’autre jour où il me posait la même question dis-donc… Il y a plusieurs redif’ du film sur les chaînes du groupe Canal jusqu’à la fin du mois d’avril. Mais il faut être abonné ! Après, je m’en tiens aux solutions strictement légales bien sûr.

Autant l’empreinte numérique de John Plissken est plutôt facile à retrouver (un petit coup de Google, et hop ! Y en a partout !), autant toi, Arnaud, tu es plutôt discret sur tes activités extra podcastiques. Il me semble pourtant que ton métier a un lien avec le monde du petit écran, n’est-ce pas ?

Arnaud. Oui je sépare au max ma vie professionnelle et celle des podcasts. Je suis réalisateur dans l’animation, je préfère ne pas mélanger les genres. Je suis pas toujours à l’aise avec l‘idée de critiquer des films sachant la complexité d’une prod série ou film, c’est toujours un peu facile de taper sur tel réal ou prod, le coté juge et parti.

En même temps, le jugement que vous portez est toujours argumenté et il se base sur une bande-annonce (pardon, une aguiche !). Il peut donc être révisé après coup. D’ailleurs, y aura-t-il de nouveau, comme par le passé, des retours d’aguiche ?

Philippe. franchement, non peu de chance. On a déjà du mal à trouver le temps pour enregistrer de nouvelles Aguiche Room…

Arnaud, une question est sur toutes les lèvres depuis qu’à longueur d’épisodes, John multiplie les contacts physiques : le mariage, c’est pour quand ?

Arnaud. Philippe s’est pris une multitude de râteaux avec moi, de quoi remplir un Castorama entier. Et il insiste encore le bougre !

Philippe. Arnaud ne sait pas ce qu’il rate, mais je dois me faire une raison, c’est ainsi !

Quels sont les réalisateurs, les œuvres, les genres qui ont influencé votre cinéphilie (même si pour John, je pense connaître une partie de la réponse) ?

Arnaud. Ça va de Spielberg à Kubrick, puis toute cette vague des films des années 80 qui a bercé mon enfance et adolescence, mais j’allais beaucoup au cinéma avec mes parents, ça ne s’est pas tourné uniquement autour de la SF et de l’action.

Philippe. Carpenter, Scorsese, Romero, Coppola, Milius, Nolan, Aronofsky (bon sauf Noé…), Fincher…

Avec toutes ces activités, avez-vous le temps d’écouter les podcasts ciné de vos confrères ? Lesquels conseilleriez-vous à un futur poditeur ?

Arnaud. Plus trop personnellement, j’écoute toujours Splitscreen que je trouve excellent, j’apprends des tas de choses sur des sujets que je pensais connaître.
A l’époque Tonight on mars que j’adorais et que je considère comme une des meilleures sur le ciné. Certains podcast Allociné, dont Faux raccords. Et à l’occase encore un peu de Patrick Beja, Appload et les tests de Jérome Keinborg quand le sujet m’intéresse.

Philippe. je plaide coupable, je n’ai absolument pas le temps d’en écouter ou voir. Je cours trop après la pige en ce moment !

Un point commun rassemble à mon sens les podcasts que vous avez animés jusqu’ici : l’appartenance à une culture née dans les années 80 (qu’on l’appelle pop culture ou culture geek, peu importe), esprit qu’on retrouve chez Splitscreen ou l’Agence Tous Geeks (et qui faisait également le charme du Quadratour).

Arnaud. Cette culture nous rassemble tous, ce moment clef de l‘enfance ou notre culture se forge, pas seulement celle du cinéma, la culture au sens large, mine de rien elle participe à notre éducation notre curiosité, notre ouverture.

Philippe. je n’aurais pas dit mieux !

John, en préparant cet interview, j’ai découvert un précédent entretien que tu avais accordé à Niko (@Narghilet) et dans lequel tu avouais prendre des notes durant les films car tu avais très mauvaise mémoire. Cela semble incroyable tant le podcast fourmille de détails sur les filmos des acteurs et du réalisateur de la bande annonce présentée. Arnaud, est-ce aussi le cas pour toi ?

Arnaud. Non mais je devrais, j’ai une très mauvaise mémoire, j’ai tendance à oublier les noms ou alors à les prononcer de travers, des restes de dyslexie. Mais c’est vrai que Plissken m’impressionne à mémoriser autant.

Philippe. je confirme, j’ai une mémoire de poisson rouge nain et borgne. Et ça ne s’arrange pas avec le temps. Je prends en effet (quand j’ai pas la flemme), des notes pendant les films sur lesquels je sais que j’aurai à écrire parce que j’oublie très vite des détails qui peuvent avoir leur importance. Après y a des trucs de culture générale cinéphilique qu’on ne peut décemment pas oublier. Mais à coté d’autres cinéphiles autrement plus enragés et érudits que moi, je vous assure que je suis vraiment une quiche.

Pour terminer, si vous deviez citer chacun un (ou plusieurs) film(s) que vous pensez être méconnus du grand public ou injustement oubliés, le(s)quel(s) serai(en)t-il(s) ?

Arnaud. A serious man des frères Coen, pas le plus connu de leur filmo mais un des mes favoris. Un vrai chef d’œuvre d’écriture et de réalisation.

Philippe. La Valse des pantins de Martin Scorsese. L’un de ses meilleurs films et l’un de ses moins connus/appréciés à sa juste valeur, comme Alice n’est plus ici. Il ressort en bluray et version restaurée 4K chez Carlotta et franchement, FONCEZ !

Merci beaucoup pour vos réponses. Je précise qu’aucun Spider-Nain n’a été blessé durant cette interview.

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Joël

Biberonné aux prods Spielberg et John Hugues. Converti au WoodyAllenisme depuis Play It again, Sam. A usé bien des strapontins dans les années 80. A usé bien des VHS dans les années 90. A usé bien des zapettes dans les années 2000. Attaque l’usage intensif de Blu-Ray depuis peu.

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1 Response

  1. 8 mai 2014

    […] Room : podcast vidéo (lire aussi l’interview). Parution non régulière mais toujours aussi réjouissante. Faut-il encore que je vous dise tout […]

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