Night call

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Les sirènes de voitures de police retentissent. Deux policiers sont descendus de leur véhicule et tentent de porter secours au passager d’une voiture en flammes. Dans la nuit de Los Angeles, Lou Bloom observe la scène. Mais ce qui le fascine, ce n’est pas le courage des policiers. Non, Lou est trop occupé à observer l’intervention d’une équipe de chasseurs de scoop, caméra à l’épaule, qui n’hésitent pas à se rapprocher au plus près de l’accident pour filmer la scène et s’enfuir aussitôt pour transmettre les images au plus offrant.

Incarné par un Jake Gyllenhaal délesté de 13kg pour le rôle, Lou Bloom est à Los Angeles ce que Travis Bickle est à New York, un être solitaire, désocialisé, rôdeur nocturne à la recherche d’une proie. La comparaison s’arrête là. Car Lou, au contraire de Travis, veut intégrer le système afin de mieux le dominer.

Tel un prédateur, il approche ses proies par la ruse puis les réduit en esclavage, qu’il s’agisse de son assistant ou de sa cliente, productrice d’une chaîne de télévision en mal de scoop (René Russo). Même son concurrent le plus féroce (épatant Bill Paxton) sera victime de l’arrivisme sans limite de Lou.

 

Night Call démarre sans que le passé du personnage principal soit évoqué. On ne sait rien de Lou, si ce n’est qu’il cherche du travail, se trimbale un bagou incroyable et ne recule devant rien pour arriver à ses fins.

On parle toujours de performance lorsqu’un acteur réussit une transformation physique impressionnante pour un rôle, Christian Bale et Matthew McConaughey l’ont déjà prouvé. Gyllenhaal ne déroge pas à la règle : les joues creuses et des yeux qui paraissent démesurés, l’acteur donne à son rôle une présence magnétique.

Dans un commentaire audio, le réalisateur Dan Gilroy (accompagné de ses deux frères John et Tony, respectivement monteur et producteur du film. Une affaire de famille quand on sait que l’actrice René Russo est la femme de Dan, mais je m’égare un peu. Reprenons : Dan Gilroy donc) évoque la difficulté de choisir la meilleure scène tournée alors que Gyllenhaal tentait à chaque fois différentes interprétations. Observez bien Night Call : la plupart des scènes où le personnage de Lou apparaît, se terminent par un sourire, ce sourire inquiétant qui dénote la folie du personnage.

L’autre vedette de Night call est Robert Elswitt, directeur de la photographie, connu pour sa participation aux films de Paul Thomas Anderson. Il éclaire parfaitement chaque scène nocturne (le film ayant été tourné intégralement de nuit) et donne à Los Angeles, généralement représentée au cinéma en plein jour et écrasée de soleil, des allures de New-York.

Pour ceux qui ont loupé le film, rattrapage indispensable en dvd, ou mieux en Blu-Ray, histoire de rendre hommage à la photographie de Robert Elswitt. Par contre, n’espérez rien des contenus additionnels, très classiques, des deux éditions : une featurette de quelques minutes et un commentaire audio sont les deux seuls véritables bonus. Un peu maigre, en particulier pour l’édition Blu-Ray, mais peu importe puisque le film à lui seul vaut le détour.

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Joël

Biberonné aux prods Spielberg et John Hugues. Converti au WoodyAllenisme depuis Play It again, Sam. A usé bien des strapontins dans les années 80. A usé bien des VHS dans les années 90. A usé bien des zapettes dans les années 2000. Attaque l’usage intensif de Blu-Ray depuis peu.

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2 Responses

  1. Antohn dit :

    Et un de plus sur ma liste des « Films que je n’aurais peut-être jamais regardé en temps normal mais que maintenant il va falloir que je le trouve ! ».
    Mais bon, celui-là ça va être facile.

    • Joël dit :

      Je pense qu’on tient là un futur classique, autant pour l’interprétation de Gyllenhaal que pour la réalisation en général. Ne passe pas à côté de ce futur culte !

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