Monty Python : Sacré Graal !

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On l’attendait depuis si longtemps ! Pierre angulaire de l’humour absurde des Monty Python et premier « vrai » film de la troupe, Sacré Graal n’avait jamais connu les honneurs du Blu-Ray jusqu’à aujourd’hui.

Mais tout ceci est du passé. Sonnez hautbois, raisonnez (corne)musettes ! A l’occasion du 40ème anniversaire du film, la légende arthurienne des Chevaliers de la Table Ronde façon Monty Python connaît sa toute première édition sur ce support.

Sacré Graal retrace la quête du Roi Arthur (Graham Chapman) et de son fidèle serviteur Patsy (Terry Gilliam), réunissant les chevaliers Robin (Eric Idle), Bedevere (Terry Jones), Lancelot (John Cleese) et Galahad (Michael Palin), à la recherche de la coupe sacrée ayant servie à recueillir le sang du Christ. A partir de cette trame, les co-réalisateurs Terry Jones et Terry Gilliam enchaînent les saynètes nonsensiques. Tour à tour, les héros vont combattre le Chevalier Noir, forcer le pont-levis d’un château français à l’aide du Lapin de Troie, visiter le château d’Anthrax et affronter les terribles chevaliers du « Ni ». Autant de scènes mémorables qui mènent inexorablement à un final absurde : logique imparable !

A l’origine du long métrage, on trouve un sketch de la troupe où un chevalier chevauchait un cheval imaginaire, suivi d’un bruiteur entrechoquant deux demi-noix de coco simulant le bruit d’une cavalcade. Etiré sur 1h30 et augmenté d’histoires secondaires afin de présenter les personnages principaux, Sacré Graal fût mis en œuvre sous le signe du Système D. Pour harmoniser le rythme, parfois inégal, des séquences, Terry Gilliam insère, à son habitude, des séquences d’animation inspirées par les enluminures des écrits médiévaux. Elles permettent d’introduire les personnages et, en dernier recours, de palier le manque d’effets spéciaux crédibles. C’est donc un dragon animé qui attaque les chevaliers dans la scène finale de la grotte de Aaaaaargh. Malgré le succès de l’émission Monty Python’s Flying Circus, la troupe dispose d’un budget réduit (230 000 £), ne pouvant couvrir la construction de décors ambitieux. Or, pour retracer la légende du roi Arthur, même tournée en dérision, il faut au moins que figurent dans le film des châteaux et des batailles.

La recherche de châteaux pouvant accueillir le tournage vire à la catastrophe lorsque le très sérieux Département Ecossais de l’Environnement interdit à la troupe de tourner dans les châteaux classés, et ce deux semaines avant le début de tournage prévu. C’est finalement le château de Doune, avec l’accord de son propriétaire, qui servira de lieu unique pour la plupart des châteaux vus dans le film (Camelot bien entendu, mais aussi le château d’Anthrax, les intérieurs du château du prince Herbert et les plans larges du château français). Dans un bonus du film, on découvre Terry Jones et Michael Palin retournant, 25 ans plus tard, sur les lieux et découvrant que les visiteurs y achetent désormais des noix de coco pour y rejouer les scènes de calvalcade !

Pour les scènes de batailles, la recherche de figurants ne fût pas plus aisée que la recherche de lieux de tournage ! Les réalisateurs firent appel à des étudiantes et étudiants (les jeunes femmes du château d’Anthrax, l’armée du roi Arthur lors de la scène finale) pour les scènes de foules ainsi que pour les rôles secondaires. Quand aux principaux rôles, les six membres de la troupe se les attribuèrent quasiment tous. C’est ainsi qu’on peut voir dans une même scène Michael Palin se donner la réplique à lui-même (il joue huit rôles en tout) à plusieurs reprises. C’est cet aspect « bout de ficelle » qui, outre l’humour délirant et irrespectueux, donne son charme à un film qu’il faut absolument regarder dans des conditions idéales : même si vous n’êtes pas anglophones, évitez à tous prix la VF (québécoise, il m’a semblé) qui dénature le moindre gag. Préférez la VOST, seule version qui vaille la peine.

Cette édition « 40ème anniversaire » se distingue des précédentes éditions essentiellement par la publication en Blu-Ray et la présence d’une édition collector contenant une maquette du château français (y compris sa catapulte à vaches !). Pour le reste, le disque reprend le contenu des éditions DVD. L’image, bien que restaurée, manque parfois de contraste. Mais elle reste la meilleure image disponible actuellement et les éditions (Blu-Ray comme DVD) comportent l’intégralité des bonus précédemment édités, dont deux commentaires audio (d’un côté les deux co-réalisateurs, de l’autre les trois autres membres encore vivants) riches en anecdotes.

Mais si l’on devait ne garder qu’un seul bonus, ce serait sans nul doute la session de questions-réponses captées au Tribeca Film Festival 2015 et présentée par John Oliver. Cette séance prouve que les Monty Python peuvent encore, à leur âge, faire hurler de rire une salle en direct et déstabiliser, par la même occasion, un présentateur-comédien pourtant rôdé à l’exercice de l’interview « à risques ».

Monty Python : Sacré Graal ! Edition 40ème anniversaire est édité par Sony Pictures Entertainment. Disponible en DVD, Blu-Ray et blu-Ray édition collector limitée dès le 25 novembre 2015.

MoovyMemory[Z] remercie l’agence Cartel de nous avoir aimablement fourni l’édition Blu-Ray du film.

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Joël

Biberonné aux prods Spielberg et John Hugues. Converti au WoodyAllenisme depuis Play It again, Sam. A usé bien des strapontins dans les années 80. A usé bien des VHS dans les années 90. A usé bien des zapettes dans les années 2000. Attaque l’usage intensif de Blu-Ray depuis peu.

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